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Compte-rendu de la journée d’étude "Ouvrir plus, ouvrir mieux ?"
Les horaires des bibliothèques en question.


C’est un fait : les bibliothèques municipales françaises sont moins ouvertes au public que les bibliothèques anglo-saxonnes ou scandinaves. Or ces dernières affichent des taux de fréquentation enviables. Faut-il donc ouvrir plus pour accueillir plus (et mieux) ? Ou bien faut-il ouvrir autrement ? La question des horaires est-elle seulement liée aux horaires ? N’a-t-elle pas plus à voir avec le modèle de bibliothèque que nous voulons proposer au public ?

Intervenants :
· Mireille RAVIER, directrice de la médiathèque de La Trinité (Alpes Maritimes)
· Olivier ARGOT, directeur de la médiathèque de Tarnos (Landes)
· Cécile MOSCOVITZ, Directrice du MOTIF
· Jean-Christophe MICHEL (Cabinet Plein Sens)
· Dominique LAHARY (Vice-Président de l’ABF)

L’association Cible95 a, le 13 octobre à la médiathèque des Temps Modernes à Taverny (Val d’Oise), programmé une journée consacrée à la question des horaires d’ouverture au public des bibliothèques, intitulée « Ouvrir plus, ouvrir mieux ». Le matin, Jean-Christophe MICHEL, du cabinet Plein Sens, et Cécile MOSCOVITZ, directrice-adjointe du MOTIF, ont présenté les principaux résultats de l’enquête « Happy hours, évaluation de l’impact des horaires d’ouverture sur la fréquentation et les usages des publics en bibliothèque publique » (voir le diaporama, format PPSX)*.

L’après-midi, Dominique LAHARY, Vice-Président de l’ABF, a présenté des statistiques encore inédites sur les horaires d’ouverture des bibliothèques d’Ile-de-France et plus particulièrement ceux du Val d’Oise. Cet état des mieux a pointé un léger déficit du Val d’Oise en comparaison avec les moyennes d’Ile-de-France. Ensuite, Mireille RAVIER (directrice de la médiathèque des Quatre Chemins à La Trinité) et Olivier ARGOT (directeur de la médiathèque des Temps Modernes à Tarnos) ont présenté le fonctionnement de leurs établissements respectifs, qui, avec moins de 10 agents chacun, ouvrent entre 35 heures par semaine (pour La Trinité) et 45 heures (pour Tarnos).

Même s’il est toujours difficile de justifier le succès d’un établissement sur la base d’un seul paramètre (précisons que les médiathèques de Tarnos et de La Trinité sont gratuites), force est de constater que cette politique ambitieuse obtient des résultats significatifs (60% de la population inscrite à Tarnos, 38% à la Trinité). S’inscrivant dans des contextes politiques et
des projets de services différents, ces deux propositions d’organisation ont néanmoins en commun de reposer sur une vision particulièrement exigeante et argumentée, voire iconoclaste, du service public. Au minimum, le discours de nos collègues a atteint le but fixé en interpellant (bousculant ?) le public présent.

En termes pratiques, Mireille RAVIER et Olivier ARGOT ont démontré, plannings de service public et des congés à l’appui, qu’une amplitude horaire large est tout à fait compatible avec des petites et moyennes structures à budget et activité comparable. Mireille RAVIER et Olivier ARGOT n’ont pas minimisé les aspects parfois contraignants du fonctionnement de leurs médiathèques respectives, notamment en termes d’accueil des collectivités (les agents de Tarnos et La trinité consacrent entre 60% et 70% de leur temps de travail à l’accueil du public).

L’importance de l’architecture sur le fonctionnement global de la médiathèque a également été rappelée, a plus forte raison si elle est, en amont, c’est-à-dire dès sa conception, susceptible de permettre à une petite équipe d’ouvrir très largement au public une médiathèque de 1200 m² utiles - comme c’est le cas à Tarnos.

Pour toutes ces raisons, les conclusions de la journée rejoignent les préconisations de l’enquête du MOTIF, qui souligne la nécessité d’inclure la question des horaires dans une réflexion globale sur le rôle et les missions des médiathèques à l’heure où d’aucuns s’interrogent sur leur légitimité. C’est la raison pour laquelle le chantier des horaires d’ouverture des bibliothèques municipales françaises, encore très largement à l’état d’ébauche, ne pourra se faire qu’en mobilisant simultanément les professionnels des bibliothèques, les usagers des bibliothèques, ainsi que les partenaires institutionnels qu'ils soient "historiques" (Etat, régions, départements,…) ou plus nouveaux sur la scène de la lecture publique (MOTIF).

Olivier PLOUX
Président de Cible95

* L’étude Happy hours dans sa version complète est téléchargeable sur le site du MOTIF.

Télécharger le compte-rendu de la journée d'étude "Ouvrir plus ouvrir mieux" (PDF).



 


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