COMITE DE REFLEXION ACCUEIL DES ADOLESCENTS EN BIBLIOTHEQUE
COMPTE RENDU
Réunion du 27 mars 2008
Bibliothèque Municipale Georges Brassens Montigny lès Cormeilles
Programme prévu
- Visite de la bibliothèque
- Mot de la présidente
- Objectifs du comité
- Echanges d’expériences et pistes de travail
Participants
- Christiane Montalescot BM Argenteuil ; Laurence Lourdel BM Montmorency ; Laurence Lainé BM Groslay ; Chorok Khazzar BM Eragny ; Sonia Seddiki BM Beauchamp ; Anne-Sophie Paulmin, Catherine Gölher, Corinne Thoa, Sandrine Binay, Christine Robert BM Montigny lès Cormeilles ; Hélène Hollebèke-Nicolas BM Sannois ; Mélanie Seufort, Sandrine Callegaro BM Franconville ; Nelly Massuyeau, Nathalie Goniche BM Eaubonne ; Mickaël Avignon, Laurence Schmitt BM Pierrelaye ; Patricia Lazar BM Bessancourt, Simon Rousselot, documentaliste du Collège Camille Claudel à Montigny lès Cormeilles.
1) Mot de la Présidente :
Le comité de réflexion sur l’accueil des adolescents de Cible 95 est né courant 2004 avec comme axe de travail principal l’organisation du colloque « Adolescents et bibliothèques : Je t’aime moi non plus » du 20 octobre 2005, en collaboration avec la BDVO. A cette occasion, une vaste enquête fut réalisée sur le sujet dans une trentaine de bibliothèques du Val d’Oise concernant les pratiques des bibliothécaires et l’état des lieux, des initiatives et des problématiques. Mis en sommeil en 2006 et 2007, ce comité est de nouveau actif. Deux ans après le colloque, il était intéressant de faire le point sur la question, d’établir un constat des situations dans nos bibliothèques et d’envisager d’autres pistes de travail et de réflexions adaptées à l’évolution de ce public en constante mutation. Ceci répond ainsi aux demandes de nombreux collègues désireux de partager leurs expériences, questionnements ou difficultés diverses.
Les actes du colloque de 2005 sont disponibles sur demande à la Médiathèque de Sannois
2) Objectifs du comité :
A l’appui de deux réunions annuelles, fixant par avance des thèmes précis à aborder, ce comité propose principalement aux bibliothèques adhérentes, une réflexion commune sur l’accueil des adolescents en bibliothèques.
Il s’agit ici de proposer des pistes de travail concrètes, de partager des expériences d’animations et d’aménagement des espaces, de prévoir s’il en est besoin des actions de formations, rencontres ou visites. Ces échanges visent à alimenter et enrichir en permanence nos pratiques avec les équipes en place. Ce comité ne pourra trouver son utilité et sa pérennité que grâce à l’apport de chacun.
Ainsi, est proposée, en autre, la création future d’un blog ou « forum de discussion » en ligne, support idéal de communication, d’accès aisé et source d’informations collectives en tous genres, soumis, de fait, à la contribution de chacun.
3) Discussions et pistes de travail :
Initiatives dans les bibliothèques, animations diverses.
Un tour de table dresse un premier éventail d’actions entreprises.
Exemples : jury d’adolescents à Argenteuil avec Christophe Lambert, interventions hors temps scolaires au CDI à Groslay, expériences avec le collège à Montmorency et festival mangas à Beauchamp, intervention d’un comédien passeur de textes littéraires et création d’un espace Culture Urbaine à Sannois, ateliers multimédia ,slam et mangas à Montigny, enrichissement du Comité Jeunesse de Cible géré par Bessancourt par l’apport de romans ados …La présidente rappelle l’existence et l’utilité de tous les contrats Civiq (Politique de la ville) existants pour les animations mis en place par de nombreuses municipalités : les bibliothèques doivent elles aussi en bénéficier mais il faut avant tout les réclamer et ne pas se faire oublier sur ce terrain.
Mais très vite sont posées sur la table les difficultés rencontrées et les façons de les appréhender par les membres du comité:
Les problèmes d’appropriation de l’espace
Certaines structures souffrent du comportement abusif d’adolescents qui investissent l’espace et « squattent » apportant nuisances et gênes pour les autres publics, démoralisant les équipes en place vite impuissantes. Nous sommes pleinement responsables de la sécurité des autres usagers. Le problème peut devenir aigu si des solutions et négociations diverses ne sont pas vite apportées. C’est Ici, tout le sens de la place de l’adolescent dans les bibliothèques qui est abordée de manière tout à fait pragmatique et qui relève d’un quotidien parfois difficile à vivre pour les bibliothécaires. Avant d’arriver à des situations de non-retour, quelles peuvent être les réponses ou débuts de réponses à adapter à chaque situation locale ?
- Importance du partenariat extérieur : Services municipaux pour la jeunesse, éducateurs de rue, Education Nationale.
- Faire intervenir la police municipale régulièrement et à bon escient.
- Informer les parents ou la famille par lettre et par l’intermédiaire de la mairie.
- Informer systématiquement ses autorités de tutelle, DAC et DGS …Ne jamais rester seuls.
Au-delà de ces mesures dite d’urgence, doit s’élaborer en aval un processus d’entente qui ne peut se faire qu’à partir d’une série de dispositions générales inclues dans le fonctionnement initial, interne ou externe, de la bibliothèque. Ces règles et pratiques se doivent d’être ancrées dans l’équipe et partagée intégralement et équitablement par tous, public inclus.
Ainsi, certaines pistes, ont ensuite pu être énoncées de façon judicieuse par les collègues présents.
Les aménagements nécessaires de l’espace, les comportements des professionnels et du public et la politique d’acquisition en question
La gestion de l’espace, l’aménagement des locaux, la circulation générale, les conditions d’accueil, autant de points qui apparaissent, au fil des discussions des membres du comité, comme le nerf de la guerre…Cela rejoint bien évidement la question de l’implication de l’équipe, partielle ou non, face aux problèmes posés par les ados. Le décloisonnement total mais maîtrisé peut être une solution (ex de la BM de Montpellier). Beaucoup des collègues présents conseillent et prônent prioritairement des changements de mobiliers, voir de niveaux pour les espaces dédiés, de salles, si c’est le cas : actions qu’il faut entreprendre sans trop hésiter, « chambouler » sans cesse l’ordre établi pour surprendre, adapter, ajuster, essayer peut être échouer puis recommencer… (à Eaubonne par ex, tout est sur le même plan, les équipes interviennent ensemble). Parfois les ados imposent et marquent eux même leur territoire et surprennent (Ex à Bessancourt ou à Montigny), positivement voir négativement.
Restent, ensuite, les comportements généraux des uns et des autres dans les bibliothèques et la politique d’accueil de l’équipe qui régit tout et devrait toujours constituer à elle seule un véritable projet de service. L’évolution du public est telle qu’elle nous oblige à un éternel recommencement de nos pratiques et expériences. Le découragement est parfois présent, le changement collectif difficile mais on se doit de considérer en permanence toutes ces demandes extérieures permanentes et parfois nouvelles, propres au contexte local, au quartier : Ex : la salle d’étude quand elle existe, une nécessité pour certains dorénavant qui ne peuvent travailler chez eux, terrain de jeux ou no man’s land , le poste internet , vital pour beaucoup, les usuels délaissés par la majorité. Les blogs s’imposent comme mode d’expression majeure des jeunes : à nous de mieux les connaître et de les adopter dans notre propre fonctionnement. La bibliothèque doit alors proposer avant tout, pour ce public en pleine mutation, en recherche, en mal de repères, un rôle de médiation et se définir prioritairement comme lieu de rencontre en s’appuyant sur beaucoup de remises en questions et d’aménagements.
La politique d’acquisition générale, la mise à disposition des collections, apparaît ensuite comme l’une des clés de voûte de toutes les problématiques abordées. Mais la question est tellement vaste et essentielle qu’elle pourrait à elle seule faire l’objet d’une séance de travail pour le comité…à suivre donc.
Relations avec les collèges et documentalistes. Enquête de la BDVO
Etablir de réelles passerelles entre le collège et la bibliothèque n’est pas toujours aisé et automatique, loin de là. Ces relations sont pourtant essentielles, facilitent le travail de tous au quotidien, engendrent une communication efficace, apportent des réponses à de nombreux problèmes communs. Ce lien doit se créer avec tous les partenaires et ceci à chaque niveaux : il doit s’officialiser et gagne à être validé par les inspecteurs d’académie. Impliquer les principaux de collèges, se faire soutenir par sa hiérarchie permet une liaison réelle et l’aboutissement de projets constructifs. Il faut compter sur les courriers, parfois répétitifs, et surtout les rencontres pour créer déjà un vrai partenariat. Commencer simplement par des interventions sur le temps du midi par exemple (Beauchamp avec 61 élèves inscrits), s’imposer, faire apprivoiser les deux entités se faire accepter et reconnaître, forcer la main à des profs qui n’ont jamais le temps et n’habitent pas sur place…Puis, à l’instar des primaires et des maternelles, inclure les collégiens dans le planning d’accueil de classes autant qu’il est possible. Tout peut être prétexte pour rendre les relations habituelles et régulières (exposition des travaux d’arts plastiques d’élèves à Montigny, prestation de slam avec la prof de français, projet de bibliographies communes et création d’un point info-collège dans la bibliothèque…une grille suffit). On peut imaginer un partenariat complet (salle dédiée) ou rencontre informelle dans le hall du collège avec les parents lors de la remise des bulletins en compagnie du Service Jeunesse Municipal (Montigny). Il est à souligner le travail approfondi de beaucoup de documentalistes lors de la Semaine de la Presse au collège chaque année (mars) : cela pourrait être l’occasion de mutualiser nos ressources documentaires. La présence d’un documentaliste « nouvelle génération », lors de ce premier comité, remet quelques pendules à l’heure : le problème budgétaire (achat et personnel) reste crucial en CDI ce qui ne facilite guère les rapprochements spontanés, hélas.
La BDVO a fait circuler récemment un questionnaire aux bibliothèques de son réseau pour affiner son action d’aide et de soutien : Travaillez vous ou avez-vous travaillé avec des collèges ?, quels types d’action ?, quels bilans ? Il serait intéressant d’en connaître les résultats, au final, afin d’analyser concrètement où le bât blesse…réellement.
4) Visite de la bibliothèque de Montigny lès Cormeilles :
Inaugurée le 31 mars 2007. 820 m² d’espace sur deux niveaux en décloisonnement total. Création de 11 zones thématiques avec documentaires enfant-adultes fusionnés.28 000 documents « environ », 91 titres de périodiques. Equipe de 7 personnes. 21h30 d’ouverture. Gratuité des inscriptions. Catalogue en ligne, membre du réseau REVODOC.
Voir : http://www.montigny.fr pages bibliothèque (temps libre)
Architecte : Marion Echegut. Mobilier : Schlapp Mobël. Logiciel Carthame de Décalog avec système RFID Ident.
Prochaines animations : prestation slam le samedi 17 mai à 15h avec le collège Louis Aragon et l’association slam et C°. Contes Doudou avec Florence Desnouveaux le mercredi 21 mai à 10 et 11 heures.
5) Références diverses :
Christine Robert, référente comité de réflexion sur l’accueil des adolescents en bibliothèque
Contact : Bibliothèque Municipale Georges Brassens, Montigny lès Cormeilles 95370
Tel : 01.30.26.37.80 e-mail : bibliotheque.georges.brassens@wanadoo.fr
Présidence de Cible 95 : Hélène Hollebeke-Nicolas Médiathèque Municipale
Square Jules Ferry 95110 SANNOIS
Tél. : 01-39.81.80.17 – e-mail : helenehollebeke@hotmail.com
Cible 95 – http://www.cible95.net- e-mail : cible95@wanadoo.fr
Siège social : Bibliothèque André-Malraux, rue Saint-Flaive, 95120 ERMONT
Tél. 01-34-44-19-99 – Fax : 01-34-44-19-91 |