Critiques BD de Cible 95 : Jouy-le-Moutier, septembre 2007.
Titre : Juanalberto dessinator
Dessins : José Roosevelt
Scénario : José Roosevelt
Editeur : La Boîte à bulles
Collection : La bibliothèque de Juanalberto
Prix : 13,90 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : Intéressant
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Juanalberto est un jeune auteur de bandes dessinées, doté d’un style très personnel et d’un amour inconditionnel pour les super-héros. Il soumet ses premières pages à un éditeur cynique, du nom de Delduck, qui les refuse mais accepte de lui donner des conseils afin de réaliser une bande dessinée "vendable". Juanalberto multiplie donc les tentatives, poussant sa créativité au maximum.
A chaque refus, il refond son projet initial, fait des concessions et tente malgré tout de coller aux exigences de l'éditeur qui l’oriente, à chaque fois, vers un genre bien délimité : aventures, héroïc fantasy, érotique... Entre chaque tentative, Juanalberto rencontre un autre auteur, Anatole Alphapage, jamais publié lui aussi, qui lui prodigue quelques conseils et le met en garde contre le monde de la bande dessinée.
En racontant, dans cet album, les périples d'un jeune auteur de bande dessinée essuyant refus sur refus en présentant ses projets BD à l'éditeur Delduck (qu'il est impossible de ne pas rapprocher de Guy Delcourt), Roosevelt se lance dans un long pamphlet sur la bande dessinée, son état actuel et son aliénation face aux exigences du lectorat.
Dénonçant, par l'intermédiaire de ses personnages, un 9ème art industrialisé dont la codification extrême empêche toute tentative de création, Roosevelt, que l’on peut rapprocher du personnage d’Anatole Alphapage, interroge, de fait, sa place dans le monde en tant qu'auteur indépendant, et montre à quoi il échappe quand il refuse de rentrer dans un moule.
Faisant cohabiter êtres humains et animaliers, l’humour et la fantaisie qui se dégagent de son récit n’en desservent pas moins cette fine critique du monde éditorial, et rendent cet album d’autant plus intéressant que ce type de réflexion sur la bande dessinée est assez rare.
Titre : Dropsie avenue : biographie d’une rue du Bronx
Dessins : Will Eisner
Scénario : Will Eisner
Editeur :Delcourt
Prix : 14,95 €
Niveau : Adultes
Catégorie : Intéressant
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Après Un Pacte avec Dieu et Jacob le Cafard, Will Eisner, dans ce troisième et dernier volet de la trilogie du Bronx, s’attache à dépeindre la vie de la mythique Dropsie Avenue au travers notamment des transformations permanentes et des vagues d’émigrants qui s’y sont succédées. Des fermiers hollandais de 1870 aux communautés hispanique et noire des années 60, en passant par les Anglais puis les Irlandais et les Italiens de la prohibition, sans oublier les Juifs, la construction de l’identité culturelle américaine défile ainsi sous nos yeux.
Parfaitement maîtrisé, le temps passe au fil des planches et le quartier se transforme au gré des allées et venues des habitants (les pauvres remplacent les bourgeois ; l'immobilier finit d'étouffer les derniers résistants). Avec ses personnages hauts en couleurs, Eisner, qui s’intéresse davantage à l’Amérique des bas-fonds, évoque entre autre, dans ce très bel album, la guerre, les gangs, la récession, la drogue et la pauvreté...
Il est donc fortement conseillé de découvrir cette BD qui offre, avec humour et sensibilité, un témoignage unique sur l’histoire de l’Amérique.
Titre : Des molécules
Titre de série : Impondérables
N° dans la série : 4
Dessins : Christian Binet
Scénario : Christian Binet
Editeur : Fluide glacial
Prix : 9,25 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : Indispensable
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Après avoir croqué pendant des années Robert et Raymonde Bidochon dans toutes les situations du quotidien, Chritian Binet s’est attelé, dans la série des Impondérables, à décrire le quotidien d’autres Monsieur et Madame Tout le Monde franchement losers mais terriblement attachants. Dans ce recueil d’histoires courtes, il n’y a pas de personnage central mais une série d’anti-héros ordinaires qui se croisent au fur et à mesure des épisodes et finissent même par se retrouver dans l’épilogue. Comme toujours, toutes les classes sociales sont brocardées par Binet qui se moque finalement, d’abord et avant tout, de la bêtise humaine. Par exemple, Madame Caspani respecte le régime imposé par le docteur pour son fils : elle donne bien des légumes verts à son enfant obèse, mais le récompense par des frites !
C’est donc avec bonheur que nous retrouvons l’univers caractéristique de l’auteur (le trait, la colorisation au gris et le lettrage) et sa verve habituelle qui croque avec justesse grotesque et vanité.
Titre : Pluie d’été
Dessins : Sergio Algozzino
Scénario : Sergio Algozzino
Editeur : Humanoïdes associés
Prix : 12,90 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : Intéressant
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Dans cet épais album, composé de saynètes, Sergio Algozzino évoque les souvenirs d’enfance qui l’ont construit : son amour pour la bande-dessinée et les jeux vidéos, le lycée où il suivait des cours de dessin, la cuisine sicilienne, la maison de sa grand-mère, les chansons qui ont marqué sa jeunesse et son expérience dans la musique.
Côté BD, il évoque la frontière ténue entre le «fou de BD» et «l’auteur de BD», son entrée dans la première librairie de Palerme exclusivement consacrée au 9ème art, ses premières créations d’apprenti dessinateur, ses visites au festival d’Angoulême, son métier d’enseignant de BD, son admiration pour Moebius et sa fascination pour les mangas japonais qui ont sans doute été pour lui une source d’inspiration.
Aussi par l’évocation de ces scènes dans lesquelles les passionnés de BD pourront se reconnaître, Sergio Algozzino parvient à nous toucher et nous donne envie de le rencontrer.
Titre : La Station indienne
Dessins : Christian Papazoglakis
Scénario : Christian Papazoglakis
Editeur : Graton
Collection : Essai libre
Prix : 15 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : A éviter
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Dans une station-service perdue au bord d'une route, près de la réserve indienne, un jeune métis passe son temps à retaper une vieille Plymouth. Afin d’en payer les pièces, il loue parfois la banquette arrière à de jeunes couples qui ne peuvent pas s'offrir le motel. Un jour, un gros bus jaune vient rendre l'âme tout près de là. Telles des « furies », ses étranges passagères vont débarquer à la station et s'attarder quelques jours, bouleversant les habitudes et le quotidien monotone de tout ce petit monde.
Dans cette bande dessinée à l’atmosphère proche de « Bagdad Café », l’auteur nous invite à suivre les frasques d’une équipe féminine, championne de roller derby, et qui compte bien, le temps d’une halte forcée dans ce désert américain, révolutionner le quotidien de ces quelques habitants. Mais tout comme le jeune pompiste métis plutôt éteint de cet album, on a bien du mal à se laisser entraîner dans les délires de ces jeunes filles déjantées, et c’est en vain que l’on cherchera à trouver un quelconque intérêt à cette histoire.
Titre : Après la guerre
N° dans la série : 1
Dessins : Freddy Martin
Dessins : Etienne Le Roux
Scénario : Luc Brunschwig
Editeur : Futuropolis
Prix : 14 €
Niveau : Adultes
Catégorie : A éviter
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
16 septembre 2038, Paris 18ème. Gordon Etchevaria et ses amis écoutent America’s speaking, une chaîne de TV d’info. Ils apprennent que trois vaisseaux, d’origine extra-terrestre, se dirigent vers la Terre. Malgré des demandes de fraternisation de la part du gouvernement, ces nefs semblent avoir des intentions belliqueuses, et leur arrivée est prévue dans une année. Le Président de l’ONU déclare ainsi que durant ces 365 jours, tous les hommes, âgés entre 15 et 40 ans et aptes physiquement, seront mobilisés. Gordon Etchevaria est enrôlé et, d’entrée pour lui, les choses se passent de façon étrange.
Deux ans plus tard, le jeune conscrit dissident est repéré par une borne de surveillance gouvernementale. On comprend qu’il n’a pas choisi le droit chemin, en tout cas, celui imposé par les autorités, et que celles-ci cherchent à lui mettre le grappin dessus. Par ailleurs, le jeune homme est devenu enquêteur privé. Il est sur la trace d’une jeune fille recherchée par sa famille, et il la retrouve étrangement suicidée...
Remake de la Guerre des Mondes, Luc Brunschwig, dans cet album, reprend un schéma classique des romans de science-fiction, à savoir la lutte engagée par le gouvernement pour combattre l’approche de vaisseaux d’origine extra-terrestre. Cependant, l’idée des extra-terrestres semble quelque peu gratuite car elle n’est absolument pas exploitée par la suite.De plus, bien que les nombreux flashbacks qui ponctuent cet album soient clairement annoncés, sa construction s’avère être assez brouillonne et les dialogues sont assez minces.
En dépit du réalisme des illustrations qui nous plonge dans une atmosphère sombre et angoissante, le scénario de Luc Brunschwig s’avère donc peu convaincant et réclame, pour servir cette série prévue en 15 épisodes, une histoire qui tienne davantage la route.
Titre : The End. Jim Morrison
Dessins : Romain Renard
Scénario : Romain Renard
Editeur : Casterman
Collection : Rebelles
Prix : 9,95 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : Intéressant
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Dans cet album, Romain Renard a pris comme sujet d’étude une légende du rock, Jim Morrison, leader du groupe des Doors. Mais l’album, qui s’ouvre sur la mort de Jim Morrison, à Paris, le 3 juillet 1971, ne retrace que les six dernières années de la vie du chanteur. En effet, Romain Renard ne cherche pas à établir une biographie de l’artiste mais à éclaircir ses derniers jours en revenant sur les moments clés de sa carrière.
A coup de flashbacks, l’auteur évoque ainsi la relation tumultueuse de Jim Morrison avec sa compagne Pamela, sa rencontre avec Ray Mazareck qui lance l’aventure des Doors, l’ascension fulgurante du groupe, l’addiction du chanteur pour la drogue et l’alcool et ses démêlés avec la justice dus en partie à ses propos contestataires.
Cet album, ponctué de citations de Jim Morrison extraites de ses écrits, permet ainsi de mieux cerner la personnalité tourmentée de cet artiste qui, par ses comportements outranciers et anti-conformistes, a marqué toute une génération. On y découvre également d’autres facettes du chanteur, notamment son amour pour la poésie et le cinéma.
Le très grand réalisme du graphisme, les couleurs souvent sombres des vignettes et la représentation particulièrement soignée des scènes de concert nous plongent dans l’univers des Doors et nous donnent envie, au-delà de cet album, de (re)découvrir l’histoire de ce groupe légendaire.
Titre : Qui suis-je ?
Titre de série : Poison
N° dans la série : 2
Dessins : Laurent Astier
Scénario : Laurent Astier
Editeur : Dargaud
Prix : 12 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : Intéressant
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
A Lyon, Clara (Claire Guillot) et Zoran Ludic ont été formés dans le cadre de "La Poison", cellule de lutte contre les réseaux de prostitution en Europe, pour infiltrer le milieu de la prostitution. Pour Claire, le travail consiste à essayer de faire parler les prostituées venant notamment des Pays de l'Est. Elle part bientôt en Albanie, région de Tirana, négocier le "rachat" de filles auprès de truands locaux…
Cellule Poison est un polar à la française avec une intrigue habilement menée. Les dialogues sonnent vrai, l’histoire se met en place doucement et progresse sans temps mort.
Aussi bien que les chapitres ne se succèdent pas toujours de façon chronologique, les temps et lieux de chaque séquence sont clairement indiqués au début, si bien que l’on ne perd pas le fil du récit.
Le graphisme qui, à chaque séquence, joue sur la mise en parallèle de deux couleurs (orange et bleu pâle, rouge vif et vert nauséeux, jaune et rose-mauve), offre un subtil jeu de contrastes entre les parties claires et obscures. Frappé par ces associations improbables de couleurs, le décor est ainsi idéalement composé, l’intrigue avance pas à pas et le final, étonnant, laisse la porte ouverte à une suite qui parait prometteuse.
Titre : Après
Titre de série : Le ciel au-dessus de Bruxelles
N° dans la série : 2
Dessins : Yslaire
Scénario : Yslaire
Editeur : Futuropolis
Prix : 16 €
Niveau : Adultes
Catégorie : Pourquoi Pas
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
En ce 20 mars 2003, alors que les Etats-Unis déclenchent la guerre en Irak, un jeune homme juif, Jules Engell Stern, qui dit habiter la Kazarie, et une jeune terroriste musulmane, Fadya, bardée d’une ceinture d’explosifs, partagent la chambre 2525 de l’hôtel Hilton à Bruxelles. Bien que tout les oppose, ces deux êtres vont s’unir et s’aimer. Aux images des télévisions du monde entier, qui déversent en boucle l'arrivée des troupes américaines et les discours péremptoires de Georges W. Bush, se superposent ainsi celles de Jules et Fadya faisant l'amour.
Reprenant le concept du bed-in de John Lennon et Yoko Ono faisant l’amour pour protester contre la guerre du Viêtnam, Yslaire, qui milite pour un rapprochement des cultures et des peuples, veut montrer que l’amour est préférable à la guerre. En effet, dans une note située en fin d’album, l’auteur explique qu’en exposant ainsi le sexe sans tabou, il a voulu illustrer le message : « Faites l’amour, pas la guerre ». C’est donc un message de paix que tente de véhiculer cet album mais l’on peut toutefois se demander si autant de crudité s’avérait vraiment nécessaire pour servir cette idée.
Titre : Cynical Orange
N° dans la série : 1
Dessins : Ji-Un Yun
Scénario : Ji-Un Yun
Editeur : Drakosia
Prix : 6,95 €
Niveau : Ados
Catégorie : A éviter
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Hye Min Hwang attire toutes les attentions dans son lycée du fait de sa beauté. Les filles sont jalouses d'elle, les garçons fous d'elle. Sauf Jung Yun. Dommage, car c'est lui qui fait craquer Hye Min. Aussi, le jour où elle se rend compte de l'absence d'intérêt que lui porte Jung Yun, Hye Min, qui endurait jusqu’alors stoïquement les quolibets des autres filles, décide de se lâcher et de laisser enfin parler sa vraie personnalité : celle d'une fille cynique au caractère bien trempé et dont fera les frais Ma Ha, le garçon qui semble avoir craqué pour elle.
Destiné à un public plutôt féminin, cette série coréenne, réalisée par Ji-un Yun, nous propose de suivre les mésaventures d’une fille tellement belle que la jalousie est sa seule ennemie. Malheureusement, le scénario ne va pas franchement au delà de ces éléments et l’histoire, dépourvue d’originalité, tourne en rond de manière générale. C’est donc en vain que l’on cherchera à trouver un intérêt à cette intrigue sans ressort qui peine à trouver un second souffle.
Titre : Gold experience
N° dans la série : 1
Titre dans la série : Golden wind : Jojo’s bizarre adventure
Dessins : Hirohiko Araki
Scénario : Hirohiko Araki
Editeur : Tonkam
Collection : Action
Prix : 4,50 €
Niveau : Ados
Catégorie : A éviter
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Koichi Hirosé est envoyé en Italie pour retouver la trace d’un certain Haruno Chiobana. A peine débarqué de l’aéroport, il manque de se faire voler ses affaires par un chauffeur de taxi du nom de Giorno Giovana, et découvre que celui-ci a développé un stand (ces fameux pouvoirs psychiques qui se manifestent sous diverses formes et avec des capacités différentes selon les personnes). Allié ou ennemi, Koichi, lui-même manieur de stand, ne le sait pas encore. Quant à Giorno, il découvre qu’il n’est pas le seul à posséder un stand, notamment parmi les gangs…
Gold Experience est le cinquième volet des aventures de « Jojo », la série fleuve de Hirohiko Araki. Aussi bien qu’un résumé des parties précédentes ait été incorporé en fin de volume (et qu’il est conseillé de lire avant le manga pour mieux comprendre certaines références internes), le personnage de Koichi Hirosé, qui nous introduit dans ses aventures italiennes, n’est pas réellement présenté, pas plus que son pouvoir stand Echoes dont il est fait mention. Ainsi dans ce premier volume où les allusions restent floues et où subsistent quelques ellipses narratives, seuls les initiés s’y retrouveront peut-être.
Titre : Stigma
Dessins : Kazuya Minekura
Scénario : Kazuya Minekura
Editeur : Ki-oon
Prix : 10,95 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : Pourquoi Pas
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Stork est un homme sans passé. Depuis le jour où il s’est réveillé dans une décharge avec une mallette pleine de billets, il erre à la recherche de sa mémoire. Sa rencontre avec Tit, jeune garçon rêvant de trouver un oiseau alors que le ciel éternellement gris en est dépourvu, lui offre un but. Ensemble, ils décident de partir à la découverte d’un monde meilleur. Commence alors un voyage où l’espoir est rattrapé par l’ombre qui hante la mémoire de Stork.
Evoluant dans des décors réduits, voire inexistants, les deux protagonistes de ce manga, Stork et Tit, ressortent avec force grâce aux couleurs très réussies et aux cadrages presque cinématographiques qui les unissent. Entretenant des liens similaires à ceux d’un père et son fils, les rapports entre Tit et Stork paraissent d'autant plus lumineux et chargés d'espérance que les pensées chaotiques de Stork nous plongent dans la noirceur d’un passé (drogue, sexe, mort, violence) où les non-dits ne cessent d’affleurer.
Cependant si les mystères qui entourent la quête désespérée de Stork et Tit nous poussent à vouloir connaître leur passé, il n’est pas toujours évident de suivre les méandres dans lesquels nous entraîne cette sombre histoire et la fin reste ouverte à diverses interprétations.
Titre : Candidate for goddess
N° dans la série : 1
Dessins : Yukiru Sugisaki
Scénario : Yukiru Sugisaki
Editeur : Ki-oon
Prix : 10,95 €
Niveau : Ados
Catégorie : A éviter
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
En l’an stellaire 4088, depuis la destruction de quatre systèmes planétaires, l’humanité vit dans des colonies spatiales. Il lui faut maintenant protéger la dernière planète existante, Zion, des attaques des victims, les ennemis mystérieux qui la menacent. Pour les combattre, des armes géantes à forme humaine, les ingrid - ou déesses - ont été mises au point. Mais seuls des enfants aux pouvoirs très spéciaux sont capables de les contrôler. C’est ainsi que Zero Enna fait son entrée à la GOA, un centre de formation pour devenir aspirant pilote.
L’originalité n’est pas vraiment au rendez-vous dans ce manga puisqu’il n’est pas rare de lire des histoires de science-fiction où, après la disparition de la Terre, les humains trouvent refuge sur d’autres planètes. Aussi bien que Zero Enna, le personnage principal de ce premier volume, parvienne à accrocher le lecteur grâce à son dynamisme et son humour, la construction de l’histoire est faite d’ellipses bien trop rapides et les phases d’action s’avèrent être assez fouillies. Pour tout dire, trop peu d’événements se passe dans ce premier tome pour nous donner envie de lire les suivants.
Titre : Amer Béton
Dessins : Taiyou Matsumoto
Scénario : Taiyou Matsumoto
Editeur : Tonkam
Collection : Découverte
Prix : 27,50 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : A éviter
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Deux jeunes orphelins, Noiro et Blanko, règnent sur la ville de Takara, rongée par les trafics en tout genre, en rackettant violemment les malfrats qui passent sur leur « territoire ». Ils paraissent invincibles, mais, les évènements vont prendre une nouvelle tournure quand un puissant yakuza décide de les éliminer pour mettre la main sur la ville.
Dans cet album, l’intrigue est principalement focalisée sur les deux enfants que sont Noiro et Blanko. Pour survivre dans la rue et protéger leur territoire, ils font face aux ennemis les plus coriaces. Mais dans ce manga aux allures de comics américains où les gamins volent dans les airs et se battent comme des samouraïs, on finit facilement par décrocher, d’autant plus que certaines longueurs viennent empeser le tout, et qu’on se demande à quoi rime toute cette violence.
Titre : Soul drop : investigations spectrales
N° dans la série : 1
Dessins : Fûrin Akiyoshi
Scénario : Kôhei Kadono
Editeur : Taifu comics
Collection : Taifu seinen
Prix : 7,95 €
Niveau : Ados
Catégorie : Pourquoi Pas
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
En rentrant chez lui, un jeune livreur de pizza, Norio, se fait agresser. Un homme mystérieux nommé Ameya apparaît alors pour lui porter secours. Parallèlement à l’intrusion de l’énigmatique Ameya dans la vie de Norio, on apprend qu’un homme a été retrouvé mort dans une chambre d’hôtel avec à ses côtés un message identifié comme étant l’œuvre de « Paper Cut », et indiquant qu’il déroberait dans trois jours l'équivalent de la valeur de la vie de la personne présente dans cette pièce. Deux inspecteurs, Isa et Senjô, travaillant pour une mystérieuse société d’assurance, vont alors mener l’enquête.
Dans ce manga mêlant intrigue policière et fantastique, différents destins semblent vouloir se croiser sans que l’on réussisse à voir où le scénariste veut nous emmener. En effet, les étrangetés s’accumulent tout au long de ce tome, à tel point qu’à la fin de ce premier volet bien des questions demeurent encore sans réponse. D’ailleurs, une note du traducteur en bas de page indique que de nombreux mystères resteront irrésolus au terme de cette série prévue en trois volumes si bien que, malgré un suspens habilement mené, on peut légitimement se demander s’il est bien utile d’en poursuivre la lecture.
Titre : Pouvoirs et responsabilités
Titre de série : Ultimate Spider-Man
N° dans la série : 1
Dessins : Mark Bagley
Scénario : Brian Michael Bendis
Scénario : Bill Jemas
Editeur : Marvel France / Panini Comics
Collection : Marvel Deluxe
Prix : 25 €
Niveau : Ados
Catégorie : Intéressant
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : C.R.
Date : 11/09/07
Texte de la critique :
Pour les américains, il semblerait qu'il ne soit pas gênant de refaire encore et encore une histoire qui existe déjà. Voici Ultimate Spiderman, l'ultime version des aventures de l'homme araignée qui existe depuis 1962. Et cette nouvelle adaptation a su me prouver qu'elle n'était pas vaine, car il faut bien avouer qu'elle est très réussie.
Marvel a voulu rajeunir le personnage et le nouveau Spiderman parlera parfaitement à la nouvelle génération. Il trouve ses infos en surfant sur Internet, se voit proposer un job comme webmaster au Daily Bugle et parle comme un djeunz ("oh man !"). Les dialogues sont vraiment bons, et à chaque scène de baston Spiderman ne peut s'empêcher de balancer autant de vannes que de coups (à la façon de Bruce Willis dans la série des "Die Hard").
Le graphisme est dans un style très Comics américain moderne avec des personnages qui ont des mentons comme des pavés. Ce qui surprend le plus c'est que Mark Bagley n'accorde aucune importance au respect des proportions, en particulier dans le corps humain. Les personnages sont totalement disproportionnés. Pourtant, ce qui pourrait apparaître comme une faute flagrante ne gêne pas outre mesure, et on rentre assez facilement dans le style du dessinateur.
En résumé une nouvelle adaptation de Spiderman très réussie, bien dans l'ère du temps avec en prime un scénariste qui n'hésite pas à dénoncer les travers de notre société actuelle (procès intentés à tout va, manque d'objectivité des médias, corruption...)
Titre : Le fond
Titre de série : Moon Knight
N° dans la série : 1
Dessins : David Finch
Scénario : Charlie Huston
Editeur : Marvel France
Collection : 100% Marvel
Prix : 12 €
Niveau : Adultes
Catégorie : A éviter
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Marc Spector est un ancien mercenaire. Lors d’un voyage en Egypte, il affronte son associé Bushman, qui voulait piller une tombe. Le combat tourne au carnage et Spector est à l’agonie. Des adorateurs de Khonshu, le Dieu de la vengeance assistent alors au drame et décident de le ressusciter. En se réveillant, Marc se drape du voile recouvrant la statue du Dieu égyptien et, en rentrant à Los Angeles, devient progressivement un défenseur de l’ordre sous le nom de Moon Knight. C’est ainsi qu’il erre à présent dans les bas-fonds de la ville, réglant les problèmes avec plus de coups que ses compères super héros. Mais un soir, lors d’une rixe, il chute du toit d’un immeuble, et devient paraplégique…
Après avoir eu plusieurs fois son heure de gloire par le passé, le personnage était un peu tombé dans l’oubli. Marvel relance aujourd’hui une série régulière dans laquelle Marc Spector est un héros fini. Dépressif, drogué, coupé de ses amis, il s'en remet à son dieu. Cependant, le scénario que nous livre Charlie Huston ne raconte presque rien et se montre violent pour voiler le vide que recèle presque chaque page. En effet, l’histoire, qui ne démarre pas, est réduite à néant par des dialogues insipides et une action diluée. Bref, un premier tome ennuyeux et sans grand intérêt.
Titre : J’irai où tu iras
Titre de série : La Rose écarlate
N° dans la série : 3
Dessins : Patricia Lyfoung
Scénario : Patricia Lyfoung
Editeur : Delcourt
Prix : 9,80 €
Niveau : Ados
Catégorie : Pourquoi Pas
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Dans ce troisième tome de La Rose écarlate, l’héroïne, Maud, sait désormais que le bandit de grand chemin baptisé « Le Renard » n’est autre que Guilhem de Landrey. Malgré sa déception, elle accepte son aide afin de découvrir le secret du carnet de son père et retrouver l’assassin de celui-ci. Leur enquête les mène alors sur les traces d’un incroyable trésor : une bague des Templiers conservée dans les coffres royaux à Versailles. Mais c’est sans compter la présence du baron de Huet et de son complice qui suivent la même piste
S’inscrivant dans la veine des récits de « Capes et d’épées », ce troisième tome de La rose écarlate se déroule sur un rythme enlevé dans une atmosphère aussi rocambolesque qu’amusante. Certes, l’intégration des Templiers et de leur trésor dans l’intrigue n’a rien d’original, et les personnages, bien qu’attachants, demeurent assez stéréotypés. Cependant, le jeu de chat et de souris entre Guilhem et Maud donne lieu à quelques réparties amusantes. Empruntant les codes du manga, le dessin accentue à souhait les expressions ce qui crée un effet comique exagéré certain. L'intrigue principale avance, des questions trouvent leurs réponses, tandis que d’autres se soulèvent. Bref, une aventure ponctuée de secrets et de rebondissements qui, malgré quelques faiblesses, fait passer un agréable moment de détente.
Titre : Les Aventures de Tom Sawyer (de Mark Twain)
N° dans la série : 1
Dessins : Séverine Lefèbvre
Scénario : Jean-David Morvan
Scénario : Frédérique Voulyzé
Editeur : Delcourt
Collection : Ex-Libris
Prix : 9,80 €
Niveau : Enfants
Catégorie : Intéressant
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Tom Sawyer est un orphelin d’une dizaine d’années qui vit sur les bords du Mississipi et cause bien des soucis à sa tante Molly. Véritable cancre, il est réfractaire à tout effort, sauf lorsqu’il s’agit de séduire la jolie Becky. Avec son ami Huckleberry, Tom multiplie les farces et les mauvais tours jusqu’au jour où ils sont témoins d’un meurtre.
Avec la collection Ex-Libris, les éditions Delcourt s'attaquent aux classiques de tout pays et de toute époque avec la volonté de respecter l'œuvre. Aussi cette adaptation en bande dessinée des aventures de Tom Sawyer est très fidèle au célèbre roman de Mark Twain, et trouve son originalité dans le traitement graphique très inspiré par le style des mangas. C’est donc avec plaisir que nous redécouvrons, dans cet abum, les aventures de Tom Sawyer.
Titre : La Fleur
N° dans la série : 1
Titre de série : La Tête de Wilson l’Enragé
Dessins : Artur Laperla
Scénario : Artur Laperla
Editeur : Paquet
Collection : Tekap
Prix : 5 €
Niveau : Enfants
Catégorie : Pourquoi Pas
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Un jeune botaniste, Jack Lafler (surnommé La Fleur), pris en otage par des pirates lors d’un voyage en Jamaïque, est sur le point d’être exécuté par ses ravisseurs. C’est là qu’ils rencontrent la tête du célèbre capitaine Wilson, terreur des Caraïbes. Le crâne est sur le sable, séparé de son corps, mais bien vivant. Horrifiés, les pirates prennent la poudre d’escampette, laissant le jeune homme aux prises avec « l’Enragé ». Jack Lafler va alors devoir, contre son gré, lui servir de bras et de jambe, et ce tant que la tête de Wilson l’Enragé n’aura pas retrouvé son corps.
L’idée de départ est suffisamment délirante pour proposer d’emblée des situations amusantes, et le personne du capitaine Wilson est réussi. Exigeant et colérique, il met tout le monde à sa botte, alors qu’il n’a aucun moyen de pression sur son environnement. Ce potentiel comique est bien exploité par un graphisme léger, trait rond et caricatural avec des couleurs vives et contrastées. Néanmoins si l’on sourit volontiers aux premiers gags, l’album semble être pris au piège de ses 32 pages. En effet, comme s’il avait peur d’être stoppé dans son élan, Laperla ne lance jamais réellement l’histoire et laisse le lecteur sur sa faim.
Titre : … Courent dans la montagne
N° dans la série : 14
Titre de série : Le Génie des Alpages
Dessins : F’murrr
Scénario : F’murrr
Editeur : Dargaud
Prix : 9,80 €
Niveau : Ado-Adultes
Catégorie : Pourquoi Pas
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Dans les alpages de F’murrr les moutons parlent, se rebellent et philosophent tout en broutant de l’herbe bien grasse. Le berger, Athanase, se contente, lui, de subir plus ou moins passivement l’imagination débordante de son troupeau et doit supporter des fonctionnaires européens zélés, des vendeurs de tapis navaros et des touristes insupportables quand ils appellent de leur portable.
En effet, au fil de récits de taille et de ton très différents, des personnages inattendus et incongrus traversent les alpages, comme les Rhinogrades (bestioles improbables qui marchent avec le nez) et des éléments hétéroclites et improbables provoquent quelques gags bucoliques ou absurdes. Cependant, entre jeux de mots étirés et graphismes subtils, on a parfois du mal à suivre les dialogues sans queue ni tête des brebis de F’murrr et à saisir la subtilité des gags dont on cherche parfois la chute. Sans doute faut-il donc du temps pour s’habituer et apprécier à sa juste valeur l’humour décalé de F’murr.
Titre : Firmin Latouche : un jeune homme très comme il faut
Dessins :
Scénario : Agnès Lacor
Scénario : Lili Scratchy
Editeur : Thierry Magnier
Prix : 17 €
Niveau : Enfants
Catégorie : Pourquoi Pas
Bibliothèque auteur : Médiathèque de Jouy le Moutier
Auteur de la critique : A.S.R.
Date : 20/09/07
Texte de la critique :
Toujours tiré à quatre épingles, Firmin Latouche est un jeune homme qui a de l’ambition et des projets bien arrêtés. Employé comme sous-chef à la biscuiterie Pétilou, Firmin n'a qu'une envie : gravir les échelons de la biscuiterie où il est engagé et pour cela, il ne recule devant rien. Ainsi, il n’hésite pas à faire passer son chef, Monsieur Jeanjean pour un incapable qui égare tout. Il voudrait même épouser sa fille, Marie Jeanjean, employée comme grand nez à la biscuiterie, afin d’occuper une place importante. Mais c’est sans compter la présence de Monsieur Auguste Pain et de son apprenti boulanger, Lucien, qui veillent et vont s’opposer aux manigances de Firmin.
Construit en chapitres comme un roman, cette bande dessinée nous est présentée comme un album foisonnant d'images, tantôt en vignettes ou en pleine page mais ce pourrait tout aussi bien être les scènes d'une pièce de théâtre. Empli de couleurs revigorantes, cet ouvrage a un côté très naturel et sa présentation, qui donne l’impression d’avoir le carnet de travail de l’artiste entre les mains, en rend la lecture très agréable.



